Les soucis juridiques de Lula ont fait réjouir la droite conservatrice et ont traumatisé davantage une gauche en recherche des repères

Ex-président.e.s Lula e Dilma Rousseff en meeting à Porto Alegre/©YAP

Porto Alegre

Dans l’écume des trois jours où le “lulisme” s’est bivouaqué à Porto Alegre, entre le 22 et le 24 janvier, en vigile et en défense de l’innocence de M. Luís Inácio “Lula” da Silva, jugé hier (24) en appel pour corruption par une chambre haute siégeant dans la capital do Rio Grande do Sul, il reste que la droite conservatrice exulte sur la tristesse et l’incompréhension de la majeure partie du peuple de gauche au Brésil. En condamnant, en appel, le charismatique ex-président brésilien toujours incontestable parmi ses ouailles, cet organe supérieure de la Justice fédérale du pays a compromis de manière presque irréversible l’avenir électorale de celui qui fut le leader politique le plus populaire des Amériques lorsqu’il quittait le pouvoir, il y aura bientôt huit ans. 

La capital do Rio Grande do Sul, surprotégée par un dispositif policier impressionnant, s’est fait, pour l’occasion, en maison commune pour une réunion de famille. Une famille ébranlée par la perte inattendu du pouvoir lorsque le président.e Dilma Rousseff fut destituer de la fonction suprême de façon constitutionnelle mais controversée il y a plus d’un an.

Déjà, à l’époque, les redoutés militant.e.s du Parti de Travailleurs (PT) ne croyait pas dans le culpabilité de Mme. Rousseff. Ceux activistes volontaires, réputé.e.s comme coriaces lors des combats électoraux, dès le début d’un procès politico/juridique, qui a eu lieu au Congrès, ont crié faute et ont estimé qu’ils s’agissait là d’un coup d’État.

Depuis, dans l’opposition, l’électorat du vieux “front populaire” – coalition électorale des partis de la centre-gauche chapeautées par le PT depuis la redémocratisation dans les années 80 – n’as pas de cesse de voir les anciennes gloires qui on fait époque dans la période triomphante des présidences Lula/Dilma être trainé.e.s dans la boue par la Justice fédérale et la redoutable opération “Karcher” conduite par un parquet indépendant et opiniâtre et  présidée par le jugé M. Sergio Moro.

La “task force” opérant dès Curitiba, capital de de la région du Parana, s’est penché sur le cas de la géante publique du pétrole et du gaz Petrobrás, au sein de laquelle, un aussi vaste que complexe système de distribution de pot-de-vin s’est organisé depuis le premier mandat de M.Lula.

Initiée depuis 2014, l’enquête criminelle, secondé par la Police Fédérale, a produit plusieurs mis en examen des opérateur.trice.s politiques, économiques et des élu.e.s de droite comme de gauche. L’opération a éventré les institutions politiques brésiliennes les ébranlant au passage comme jamais depuis le début des années 60 qui ont précédés le coup d’État militaire de 1964 qui aura duré 24 ans.

Entraîné dans la tourmente, l’ex président s’est toujours dit victime d’une cabale politique préconisée par la droite conservatrice et financée par les industriel.le.s du pays et dont la charge de la conduite reviendrais au Juge Moro qui préside encore sur les instructions ouvertes auprès de la chambre de Curitiba.

Par ailleurs, son historique familial e personnel de proximité politique avec le principal parti de la centre droite brésilienne, le Parti de la Social Démocratie Brésilienne (PSDB), et son zèle dans l’enquête qui a conduit M.Lula à la barre, lui ont valu la réputation de justicier auprès des défenseur.e.s du leader travailliste au même temps que l’érection en héros national de la lutte contre la corruption dans le pays au yeux des opposant.e.s de l’ex-gouvernant.

Et ce bien là, dans la suspicion qui repose sur ce magistrat fédéral, qui demeure le point fondamentale de clivage de la société brésilienne actuelle. Parce que son comportement fut sujet aux reproches, non seulement de la part des allié.e.s de M. Lula da Silva, mais également des juristes et commentateurs perçu.e.s comme étant neutre.e.s, qui aurait été possible à la défense d’instruir un procès publique en manque d’équité dans le traitement qui aura été accordé à l’ex président.

Mardi, 23 janvier, le candidat Lula, devant une foule d’au moins 40 mille adorateurs, a voulu se placer au dessus de la mêlé, dans une posture d’homme d’État qu’il fut et qu’il aspire à le redevenir. “Ce soir, je ne parlerais pas de mon procès. Je ne parlerais pas de la Justice. cela, car… je vous ai, avec qui j’en ai eu un lien de plus de 40 ans, et, c’est pourquoi, vous en êtes certain de mon innocence”, a déclaré un Lula faisant mine de sérénité à moins de 24 heures de la séance de jugement qui n’a fait qu’enterré toutes ses changes de se présenter aux présidentielles à la fin de l’année.

Le lendemain au soir, le même M.Lula da Silva, accueilli en triomphe par un parterre de fans à Sao Paulo, cette fois-ci, a bien voulu parler de son procès. Dans une de ses saillies acerbes dont il a le secret il a chargé les médias et la Justice. “Il y a eu un pacte entre le pouvoir Judiciaire et la presse selon lequel il serait temps d’en finir avec avec le PT. Ils ne l’admettait plus l’ascension des personnes en développement”, croit-il savoir.

Selon lui, la décision du Tribunal Fédéral d’appel s’est basé sur des mensonges. Et à l’ex-président, indigné, de lancer: “Je veux qu’ils disent quel crime j’ai commis”.  Selon la court qui lui a condamné à l’unanimité à douze ans de réclusion ferme, il fut considéré culpable des crimes de corruption active et passive. Restant un troisième niveau de juridiction – et selon l’annonce de la défense de Lula qui préparerait des recours par toutes le voies légales encore possibles – l’ex chefe de l’État brésilien est toujours présumé innocent.

Un pays tranché

Des militants, qui pour beaucoup d’entre eux, ont toujours défendu.e.s les institutions démocratique telles que la Justice et la presse, dans l’embarras de trouver une justification aux affres juridiques que tourmentent la vie de leur idole, ils s’attaquent, à bras raccourcis, à ses mêmes piliers de l’état de droit.

Manifestation pró-Lula aux marges du Tribunal Fédéral pendant la séance qui a condamné l’ex-président/©YAP

La méfiance des médias est de mise en ce qui concerne Vitoria Cristina. Cette maraîchère fluminense de Petropolis à Rio de Janeio, revient à un tube de la gauche des années 80/90, en affirmant que les médias “commettent des fautes intentionnelles”, car, des grands groupes, tels que la Globo, “pratique un lavage des cerveaux sur la population”, que selon elle, “regarde en masse” les JTs de la géante brésilienne des télé-novelas.

Cela expliquerait l’amaigrissement du quota d’amour qui réserve le peuple à l’ex-président. Même étant toujours favori des sondages, Lula souffrirait d’une égale réjection d’une partie des ses ancien.ne.s  électeur.trice.s. Cette classe moyenne centriste et cossu qu’ils à tellement convoiter dans le passé et qui, aujourd’hui, lui tournerait le dos.

Dans l’extrême l’autre coté de l’échiquier politique le Mouvement pour un Brésil Libre (MLB) conçu par le député d’extrême droite Jair Bolsonaro, lui même bien placé aux sondages présidentielles, et qui rassemble des ex de la TFP ( comme en France Tradition Patrie et Propriété), des militaires reformés et des nostalgiques de la dictature de 1964. Ils ont reçu.e.s la nouvelle avec force enthousiasme. Tellement qu’ils était une centaine à s’égayer sous la pluie battante typique des fins de journée das cette ville du sud.

Drapé.e.s aux couleurs du pavillon national or et vert ces ultras du conservatisme rêvent de grand soir “démocratique”.  Ils préconisent une espèce de comité de salubrité publique, dirigé par des militaires et secondé par des civiles aux bonnes mœurs, qui prodiguerait la vengeance du peuple contre ceux et celles qui aurait pu corrompre le pays.

Activistes de l’extrême droite conservatrice en liesse et sous la pluie à Porto Alegre/©YAP

Mme.Sandra Rodrigues, par exemple, est venue auprès de notre reportage et s’est présenté comme étant un défenseur.e de l’ordre et d’une intervention militaire de transition qu’elle estime constitutionnelle en plus de nécessaire; Voir attendue. “Le brésil se trouve corrompu, les partis ne nous représentent pas, y inclus le président en poste [Michel Temer] qui est illégitime.” C’est pourquoi elle prescrit à la nation la fermeture du congrès et la punition, façon révolutionnaire, des politique.e.s qui se sont mal comporté.e.

Tout comme sa copine, retraitée octogénaire mais encore très en jambe et en verve, Mme.Rosa Saraïva. “Le verdict [condamnant Lula en appel] a lavé l’âme des tout les brésiliens”, veut croire Mme.Saraïva. Cette citoyenne très conservatrice, veux aller plus loin que Mme.Rodrigues, car, elle pense que “toutes les institutions du pays sont corrompues”. Et donc, seulement une fermeture de la justice fédérale, celle-là même qu’elle vient de félicité, doit être fermé tant que la Junte Militaire ne l’aura pas redresser et revigorer.

Hier, au même moment que les deux dames festoyer sur le sort de l’ex-président, celui en poste, M. Michel Temer, traqué par la justice lui même et qui cherche à échapper du bras lourd du parquet fédéral par tout les moyens, légaux, politiques mais aussi rhétoriques – ils a souvent accusées ses principaux persécuteurs d’instrumentalisation de la Justice. D’un air presque moqueur, il a déclaré, en marge du Forum Économique Mondial de Davos en Suisse, que le jugement rendu contre son ancien allié est “la preuve qu’au Brésil les institutions fonctionnent normalement” – ce qui balaierait définitivement la thèse du complot contre l’idole de la Gauche.

M.Temer faisait écho au sentiment générale de la droite conservatrice et industrielle du pays, qu’à l’exemple des marchés financiers nationaux en forte hausse, se réjouissait de la perspective, désormais plus vraisemblable, de se voir débarrassé de M. Luís Inácio “Lula” da Silva redevenu leur bête noire.

Par ailleurs, au final de la journée, dans une décision liminaire de la Justice fédérale de Brasilia, le condamné M.Lula a vu l’appréhension de son passeport décrété, lui empêchant de partir demain comme prévu, en destination à l’Éthiopie où l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)  l’attendait pour une réunion sur l’éradication de la famine dans le continent africain. Si cette décision n’est pas renverser par une autre court, le pré-candidat du PT manquera à l’appel de la FAO.

Encore un camouflet qui la défense de l’ex-président le veut comme une preuve supplémentaire de l’acharnement judiciaire dont M. Lula da Silva serait toujours l’objet.

DF

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