Même condamné en appel Lula reste incontestable parmi les militants de la gauche brésilienne

Lula, en janvier, harangue la foule de supporteurs à Porto Alegre @YAP

Dans l’imminence de se faire conduire en détention provisoire, par la Police Fédérale du Brésil – qu’il a dirigé pendant huit ans – L’ex-président brésilien Luís Inacio “Lula” da Silva est toujours vu comme étant innocent aux yeux des ses fervents supporteurs qui sont descendus dans les rues du pays pour protester contre le mandat d’arrêt émis hier soir par le jugé fédéral Sérgio Moro qui lui avait déjà condamné en première instance.

La décision qui menace d’incarcération l’égérie de la gauche brésilienne est venue dans la foulé de celle de la plus haute court du pays et qui avait débouté Lula dans sa demande d’obtention d’un habeas corpus qui lui éviterait la prison avant la fermeture des toutes les voies de recours possibles du verdict qui lui a considéré coupable, entre autres, de corruption active.

En attendant le dénouement – si oui ou non l’ex-chef de L’État va se rendre aux autorités de son pays et entamer les 12 ans de prison ferme déterminés par la sentence condamnatoire que lui a été infligé  – les militants de la gauche ont frappé le pavé pour défendre l’honneur de leur leader.

Pour eux, il n’y a pas la moindre possibilité que Lula ne soit pas la victime d’une vindicte juridico-politique. À l’exemple de M. Dary Beck Filho, membre du comité national de la Centrale Unique des Travailleurs (CUT), en défilé moyennement accouru dans le centre-ville de la capitale gaucha de Porto Alegre, dans l’extrême Sud, qui lui, il croit au complot, mis en marche, selon le syndicaliste, “depuis le coup d’État contre notre présidente Dilma (Roussef)” .

M. Beck Filho pense que la double condamnation – aux assises et en appel – manque des preuves qui impliqueraient l’ex-chef de l’État dans une quelconque combine au tour d’un supposé cadeau, dans la forme d’un triplex de luxe, qui lui a voulue offrir le patron de la plus grande boîte du BTP et du pétrochimique brésilien – raison pour laquelle Lula se voit punie par la Justice. “Maintenant, ils veulent empêcher toute possibilité que le Parti des Travailleurs (PT) retourne au pouvoir”, dit-il des juges qui lui et les autres manifestants associés volontiers aux parties dans le gouvernement de Michel Temer – lui aussi tourmenter par la même Justice dénoncée par les “petistas” ce 6 avril.

Et pourtant, malgré le désappointement face au destin judiciaire de Lula, ses supporteurs ne comptent pas baisser les bras. Comme explique Ana, une professeure qu’a aussi rejoint le cortège pour faire montre de son mécontentement, à son avis, “il faudra résister”.

Résister. Ce mot était dans toutes les bouches pendant cette soirée qui a tenue tous les brésiliens en haleine. Résister, mais comment?

“En revenant encore et toujours dans les rues pour exprimer nos désirs et nos souhaits. C’est cela que nous, le peuple, pouvons et avons l’obligation de le faire”, croit savoir la jeune femme.

***

Lula, en négociation avec les autorités de son pays en vue d’une possible reddition, se retrouve assiégé, depuis hier soir, dans les locaux du syndicat des travailleurs métallurgiques de l’ABC pauliste, à São Bernardo do Campo, dans la région métropolitaine de São Paulo. Protégé par un cordon humain constitué des supporteurs déterminés à “résister par tous les moyens”, l’ex-métallo de profession avait déclaré à la presse, ce matin, qu’il ne comptait pas se rendre en prison de son propre gré, dans la région du Paraná selon lui avait déterminé l’ordre émis par la Justice. Il attendrait plutôt la venue des agents de la police Fédérale, eux qui, vu la situation aux alentours du siège du syndicat ou s’est claquemuré Lula, ont désisté de frappé à la porte des métallos face aux risques que cela provoque des échauffourées aux conséquences imprévisibles.

La direction de la PF et les avocats responsables de la défense de l’ex-dirigeant négocient toujours, mais il est déjà exclue la possibilité de l’exécution du mandat d’arrêt dans la soirée de vendredi, 6 avril. Plus tôt dans la journée, la demande d’un relâchement provisoire déposé auprès de la Justice supérieure à Brasilia avait été rejetée par cette haute chambre.

Selon les dernières informations, venues de l’entourage de l’ex-président, il pourrait se rendre demain dans la journée. Des discutions continue d’avoir lieu au cours de la nuit et la situation pourrait encore bouger.

DF – Porto Alegre

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